IN SITU | 2016-2021

Lors d'une résidence au Royaume-Uni durant l'été 2016, j’ai entamé plusieurs interventions in situ que j’ai poursuivies dans d’autres villes et d'autres pays.
Je pars à la recherche d’espaces où écrire. Des mots qui sont en adéquation avec les lieux où je les pose ainsi qu’avec des émotions du moment.
Une fois l'intervention laissée sur place, la photographie vient s'ajouter au processus de création.




Interventions in situ, collage, peinture aérosol, craie /
14 photographies, 30x40cm.

FAIBLESSE | 2020

Sur un oreiller de béton, la phrase JE ME RETIENDRAI DE SAISIR CET OREILLER POUR T’ÉTOUFFER est gravée. Cet oreiller pourrait être celui d’un lit un peu défait, des draps qui auraient un vécu. La phrase parle d’amour et de mort, de violences conjugales. De cet instant bref où dans un excès de colère, de tristesse et de désemparement on pourrait en un geste tuer son amour. Ce moment où l’on s’interdit de commettre l’irréparable.





Sculpture, béton, 56x49x15cm.

LOVE IS WAITING | 2017-2020

Love is waiting est une liste non-exhaustive de mes attentes en amour – présentes ou passées – écrite en anglais, une langue qui n’est pas la mienne. Chaque phrase est suivie d’un silence dont la durée varie. Il existe deux versions de cette performance. La première consiste à réciter le texte en faisant les cent pas en allées et venues sur quelques mètres. La seconde a été mise en place lors du premier confinement de 2020, elle est diffusée en direct sur les réseaux sociaux depuis mon domicile. Mon visage est filmé en plan rapproché afin qu’on puisse y lire mes expressions.


Performance, durée variable / vidéo, 19'16" / édition, 13.4x20cm, 32 pages.

WAVES NEVER STOP CROSSING BORDERS | 2019

Cette vidéo a été réalisée le 30 octobre 2019, sur une plage de Folkestone au Royaume-Uni. C’était la veille du jour où le Royaume-Uni devait quitter l'Union européenne. La troisième date reportée jusque-là, mais la date de sortie a finalement été repoussée au 31 janvier 2020. Le sens de lecture de la phrase WAVES NEVER STOP CROSSING BORDERS est orienté vers la France. Cette phrase évoque le Brexit mais elle parle également de toutes ces frontières que des milliers d’humains sont quotidiennement interdits de franchir.



Intervention in situ, peinture aérosol / vidéo, 13'25".

ERRANCE | 2019

Dans le parc des Sœurs de la Providence (Namur-BE) se trouve un chemin qui ne mène à rien. Cet espace riche en ironie et en poésie m’attire particulièrement, par sa discrétion notamment. Dans mon travail je suis très attirée par les lieux qui ont tendance à nous laisser indifférents, par leur banalité. J’aime leur donner un éclairage différent. Ce chemin m’évoque la vie elle-même, notre parcours, non pas dans sa linéarité bien sûr mais par sa finalité. Un but, une destination. Nous avons sans cesse besoin de savoir où l’on va et ce qui nous attend au bout. Mais une promenade a-t-elle forcément besoin d’un objectif final ? N’est-ce pas toute l’aventure qu’il faut considérer et apprécier ?

Sculpture, béton armé, 227x16x7.5cm.

LIEFDE IS WACHTEN | 2019

J'ai repris la performance Love is waiting pour l'exposition Ménage à trois à Gand. Le texte a été augmenté de deux nouvelles phrases puis traduit en néerlandais. Je me suis ainsi heurtée à un véritable travail de mémoire et de prononciation puisque cette langue m'était jusque là relativement inconnue.







Performance, durée variable / trace sonore, 16'07".

MÉNAGE À TROIS | 2019

Exposition collective.
Mira Albrecht invite Élodie Merland et Ed Sanders pour un « ménage à trois » belgo-franco-anglais. Une cohabitation artistique au sein de Poort 8 orientée vers la notion d'intérieur et d'intimité.








Poort 8 / Gand, Belgique (mai-juin 2019).

ESCAPADE | 2018

Et si nous nous échappions un instant ? Laisser de côté les habitudes quotidiennes. Parler de tout et de rien ; d’amour, de sexe, de mort, d’oubli, du temps, de solitude, de rires. Parler de la vieillesse sans évoquer les rides. Suite à une résidence effectuée en 2018 à la fondation Schadet-Vercoustre – maison de retraite à Bourbourg – j’ai écrit un ensemble de mots qui découlent de discussions et d’observations. Du temps passé avec une vingtaine de résidents, principalement des femmes, à la mémoire défaillante. Nous avons (souvent) fait connaissance. Des amitiés sont nées. De la tendresse s’est installée. Et puis, j’allais pisser et ils m’oubliaient.

Sculpture, acier corten, dimensions variables.

UN ŒIL À L'OREILLE | 2017

Été 2017, je parcours la ville de Roubaix. Ses rues, ses quartiers. Dans mon sac, mon appareil photo. À l’air libre, mes yeux grands ouverts. Attentifs. À l’écoute. Prêts à se laisser surprendre. Je capture une lumière, des couleurs, des compositions ; résultats d’une consommation de la vie quotidienne. Des transformations progressives. Des dégradations et des abandons. Et puis, des écritures et des mots. Des déchets deviennent nature morte. Des quartiers évoluent à leur rythme. Mes yeux se concentrent sur cette lumière posée sur la ville, qui met en avant ces quartiers, tels qu’ils sont. Vrais. Durs. Trashs. Sincères. Attachants.


30 photographies, 20x30cm / édition, 14.8x21cm, 44 pages.

SHOWDOWN | 2017

Exposition personnelle faisant suite à une résidence passée durant l'été 2016 à Folkestone.











La Plate-Forme / Dunkerque, France (janvier 2017).

SANDGATE ROAD | 2017

« Transférée de la page au mur, en blanc sur fond blanc, la phrase DANS CETTE RUE PRESQUE DÉSERTE, UN HOMME JOUE SILENCIEUSEMENT DE LA MUSIQUE pourrait fort bien passer inaperçue, au même titre qu’aurait pu passer inaperçu l’événement dont elle provient. Comme il en va souvent avec les œuvres d’Élodie Merland, il faut savoir s’y rendre disponible. »
François Coadou, Le charme discret des détails (extrait), 2017.





Peinture blanche sur mur blanc, dimensions variables.

ÉTREINTE | 2017

CARESSE MA LANGUE AVEC LA TIENNE est écrite avec de la poudre de maca et disposée sur une table en bois. La phrase évoque évidemment un baiser langoureux mais est aussi l’image d’un échange de culture, une rencontre, une fusion. La table appelle au repas. La maca est une plante aux nombreuses vertus dont celle d’augmenter le désir sexuel.







Installation, poudre de maca et bois, 250x60x75cm.

VOIS MON SOUFFLE | 2016

Les vingt-deux lettres en béton armé pesant de six à quinze kilos sont déposées en tas, à terre. Je les déplace. J’écris. À force d’allées et venues mon essoufflement augmente.
JE PLIERAI LES DRAPS SEULE est la phrase composée. Il m’arrive parfois de penser que l’unique raison de vivre en couple est d’ordre pratique. Un geste qui pour moi représente parfaitement cela est le pliage des draps. Les draps c’est aussi l’amour, forcément. Allier la sensualité du tissu à l’aspect brut du béton me paraissait une bonne manière de parler de l’amour et de ses douleurs.


Performance, durée variable / trace sonore, 11'03" / sculpture, 22 lettres en béton armé, dimensions variables.

IS SHE COUNTING WAVES | 2016

Le doigt pointé sur l’horizon, je laisse les nombreux touristes estivaux penser à ce que, sans un mot, je tente de leur montrer. Est-ce la mer ? Le ciel ? Les galets ? Les goélands ? Ou bien, tout simplement, plus loin. Plus loin, la France. La frontière. Ceux qui s’y trouvent et espèrent, attendent, tentent de traverser. Le geste que je fais durera jusqu’à ce que mon bras cède. Ainsi, je suis restée le doigt pointé durant deux heures et vingt-huit minutes.





Performance/vidéo, 02:28'00".

WESH MA COUILLE | 2013-2015

Toutes deux reliées par nos téléphones portables, l’une prit le rôle de professeur, dictant à l’autre les paroles prononcées par les passants qu’elle croisait dans la rue. La seconde devint l’élève, la jeune fille qui s’affairait à retranscrire ces bribes de conversations. Lorsque les passants étaient absents ou muets, ceci donnait un autre rythme à l’exercice, laissant place à un ensemble de silences aux durées variables et cette dictée se transformait ainsi en une chorégraphie immobile.
Le professeur guettait toute parole, l’élève, quant à elle, attendait attentivement qu’on lui dicte la suite.

Performance, durée variable / vidéo, 1:55'00".
Avec Gaëlle Le Floch.

CONCERTS INAUDIBLES | 2012

Exposition personnelle sur une invitation d'IDEA-Z (International Domestic Exhibitions by Affinity).











Atelier Olivier Lemesle / Rennes, France (juin 2012).

COMPOSITION ANECDOTIQUE | 2011

Debout dans l’escalier, Gaëlle gonfle des ballons puis les place sur les marches pendant que j'évoque avec précision un ensemble de descriptions de personnes montant ou descendant des escaliers (des attitudes, des vêtements, des mots entendus, que j’ai relevés). Gaëlle est à la fois compositeur et chef d’orchestre, puisque le souffle qu’elle donne me permet de parler. À chacune de ses prises de respiration, je me tais. Véritable composition qui donne un rythme, un ton à ma voix, passant par de légers chuchotements à des phrases criées, le tout dépendant de sa position sur les marches.

Performance, 22'16" / photographie, 30x45cm.
Avec Gaëlle Le Floch.

DIKU? | 2010

Exposition des diplômés de l'École Supérieure d’Art de Toulon-Provence-Méditerranée.










Espace d’art Le Moulin / La Valette-du-Var, France (octobre 2010).

CONCERT POUR 52 CABINES TÉLÉPHONIQUES | 2010

Le 15 mai 2010, lors de la nuit des musées, vers 21 heures au Lieu d'Art et Action Contemporaine de Dunkerque, un concert est donné par 52 personnes munies d'un téléphone portable et installées à 52 pupitres. Un moniteur, en guise de chef d'orchestre, diffuse l'image d'un chronomètre digital égrenant les secondes. Chaque musicien interprète un numéro de téléphone correspondant à une des cabines situées entre Dunkerque et Toulon, jouant ainsi une partition inaudible.
Les gestes - appeler, attendre, écouter - évoquent une chorégraphie.


Performance, 10'00" / vidéo, 13'50" / partitions.

LES GALERIES D'UNE HEURE | 2009-2010

De mai 2009 à mai 2010, chaque dimanche, pendant une heure, j’ai occupé 52 cabines téléphoniques. Dans chacune d’entre-elles, transformées pour l’occasion en galeries d’environ 1m², j’attendais les appels de personnes que j’avais au préalable invitées à me joindre. J’évoquais alors quatre vues faites de détails et d’incidents que j’avais sous les yeux. Chaque description durait environ une dizaine de minutes, le nombre d’appels par galerie pouvant aller de un à six, dans le meilleur des cas. L’ensemble de ces promenades immobiles sont aujourd’hui comme autant de cartes postales sonores et leur adresse, l’éclairage d’une réalité écoutée.

Performance, 1 an / édition, 19.7x11cm, 198 pages.

MON CŒUR ÉTOUFFE, LE RESTE SE FANE | 2009

Intervention in situ et vidéo réalisées à La Panne (Belgique) par le collectif NSS (Kévin Bogaert, Béchir Boussandel, Élodie Merland, Laurent Varlet et Wenxi Xiong).









Intervention in situ, bombe de peinture aérosol et bâche de protection / vidéo, 03'11" / photographie, 30x40cm.




« Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien. Ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser. Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ? » | Georges Perec, L'infra-ordinaire (extrait), 1989.                                                                                                      « Les happenings ont introduit dans l'art un élément que personne n'y avait mis : c'est l'ennui. Faire une chose pour que les gens s'ennuient en la regardant, je n'y avais jamais pensé ! Et c'est dommage parce que c'est une très belle idée. » | Marcel Duchamp, Entretiens avec Pierre Cabanne (extrait), 1967.                                                                                                      « Je me pose toujours des questions sur les artistes qui réussissent tout ce qu'ils font, à mon avis, cela veut dire qu'ils ne prennent pas assez de risques. Quand on fait des expériences, l'échec est inévitable. Expérimenter, c'est par définition s'engager dans un territoire où l'on n'est jamais allé et où l'échec n'a rien d'impossible. Comment peut-on savoir que l'on va réussir ? Il est absolument essentiel d'avoir le courage d'affronter l'inconnu. » | Marina Abramović, Traverser les murs (extrait), 2016.